Page 168 - Il Mediterraneo quale elemento del Potere Marittimo - Atti 16-18 settembre 1996
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                Sans doute, poursuit l' Amiral Durand~Viel, pourrait-on raisonnablement étu-
            dier, pour la Méditerranée et en vue d'une négociation rapide, un pacte qui serait
            limité aux trois puissances navales ayant des  responsabilités exceptionnelles dans
            cette mer. Toutefois, si la tension anglo-italienne devait durer, il faudrait concevoir
            un pacte qui serait conclu en dehors  de  Rome,  clone  contre elle.  Mais  la  France
            n'a pas intéret à faciliter la constitution d'un bloc anti italien, carla conséquence
            logique en serait la recherche d'une entente plus étroite entre Rome et Berlin.  Et
            le C.E.M.G. de conclure:  «Récemment encore l' Angleterre sollicitait notre appui;
            aujourd'hui, l'ltalie semble désireuse de maintenir avec la France l'entente scellée
            par les accords de janvier 19 3  5. Nous demeurons à meme de jouer un role impor-
            tane de conciliation et d'arbitrage .... Nous pouvons espérer voir la Marine italien-
            ne,  qui,  jusqu'à ces  dernières années,  avait été notre adversaire le plus  probable,
            observer la  neutralité dans un conflit où notre pays se trouverait impliqué .... Par
            contre l' Allemagne demeure nettement h ostile et,  du point de vue naval, la  situa-
            tion est d'autant plus  préoccupante que la  tension franco-allemande  consécutive
            au coup de force  du 7 mars a coincidé avec l'accroissement rapide de la Marine
            du Reich».  L'E.M.G.  prévoit que celle-ci  possédera,  à l'horizon  1941, une flotte
            de  427 000 tonnes  qui  lui  autorise  l'accord  naval anglo-allemand  de  juin  1935.
            En conséquence la France sera clone contrainte de se doter de 750 000 t.  de bati-
            ments  de combat.
                Pour le C.E.M.G., les programmes ambitieux correspondants doivent etre adop-
                                  6
            tés  et menés  leur terme ~ >,  d'une part pour faire  face  aux  adversaires éventuels,
            mais également et surtout parce que d'une Marine française puissante dépend un
            accord  durable  avec  la  Royal Navy.  Il  écrit:
                   « •.• Si l' Amirauté sui t avec attention nos programmes et cherche à se ren-
                   seigner sur la valeur effective de n otre flotte, c'est moins en vue de suppu-
                   ter les risques éventuels d'un conflit naval franco-anglais que pour mesurer
                   la  valeur exacte de  l'appui qu'elle  pourra trouver auprès de  nous.  C'est
                   clone  uniquement dans la mespre où notre pays pourra lui apporter une
                   aide efficace sur mer que l'Angleterre sera portée à l'avenir, à se rappro-
                   cher  de  la  France».
                Il  s'agit là  d'un retournement de  tendance  complet à l'égard de la  Grande-
            Bretagne.  Nous sommes loin de la  note élaborée en  1932 par le  2ème bureau de
            la  Marine à la veille  de  la  conférence du désarmement qui constate  que,  malgré
            la  fraternité  d'armes  de  14-18:
                   «La France est redevenue, aux yeux de l' Amirauté britannique, aux yeux
                   du foreign office et du gouvernement royal, l' adversaire potentiel le plus
                   dangereux ... préoccupations (qui) se traduisent par l'opposition constante
                   de l' Angleterre aux efforts de reconstruction de la flotte  française depuis
                   1920».
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