Page 170 - Il Mediterraneo quale elemento del Potere Marittimo - Atti 16-18 settembre 1996
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            Darla, en aout 1936, ne les  convaint pas. Et bien que les forces  navales françaises
            et britanniques coopèrent sur les cotes espagnoles, ce n'est pas dans le cadre précis
            d'un accord bilatéral mais dans celui de l'accord international de «non intervention».
                 Les  nombreux torpillages commis en Méditerranée, et surtout l'attaque man-
            quée d'un destroyer britannique, émeuvent davantage l' Amirauté britannique. Bien
            que l' arrangement de Nyon, qui répartit les zones de responsabilités maritimes en
            Méditerranée,  soit complété par cles  accords  techniques,  cette  coopération  reste,
            une fois encore, parfaitement occasionnelle et sans portée générale. Cependant, les
            relations amicales qui se sont instaurées entre les commandants en Chef en Médi-
            terranée, entre les commandants cles forcés  navales agissant en limite de zones, l'ac-
            coutumance à l' échange  de  renseignements  et  l'empio i  de  procédés  concertés  de
            transmissions, préparent, si  l' Amiral Durand-Viel a  vu  juste,  une future alliance
            franco-britannique. Mais il faudra pour cela que la Grande-Bretagne, prenant en-
            fin  conscience du danger réel que représent l' Allemagne,  mette fin  à sa  politique
            d'apaisement et de concession  à l'egard  du Illè Reich.
                 Malgré l'Anschluss,  malgré la  crise  de  Munich,  il  faudra  attendre le ·«coup
            de Prague», en mars  1939, alors que la  tension grandit entre la  France et l'ltalie,
            pour que la Grande-Bretagne reconsidère sa position vis-à-vis de l' Allemagne. Les
            entretiens d'Etat-Majors entre les  deux marines peuvent clone se dérouler en avril
            et mai et, meme s'il reste encore beaucoup à faire dans la mise au point cles mesu-
            res de détail, trouvent leur conclusion formelle  dans l'accorci du 8 aout  1939. La
                                                                                     7
            Grande-Bretagne assurera la responsabilité générale cles opérations en Atlantique < >
            en mer du Nord et en Méditerranée orientale. La France se réserve celle cles opéra-
            tions  en  Méditerranée occidentale,  où la  base de Mers  el-Kébir,.plus éloignée de
            l'aviation  italienne que Toulon  et Bizerte,  est  en  cours  de construction.
                 Cependant, sans attendre,  l'Amiral Darlan, Chef d'Etat-Major général de la
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            Marine donne le  3 aout, lors d'une réunion très restreinte < >,  cles  directives géné-
            rales  pour la guerre maritime.  Reprenant à son compte le concept de la  stratégie
            périphérique préconiséc en avril 1936 par le Général Gamelio, il attribue à la Mé-
            diterranée le role majeur dans le conflit qui se prépare, notamment pou.r interdire
            à  l' Axe  de  prendre pied dans  les  Balkans.
               ~  Yis à-vis de fltalie, la France ne prendra pas l'init:iative· des opérations. Elle
                    ..
            sera cependant parée à contre-attaquer instantanément et énergiquement dès la pre-
            mière agression  italienne.
                 En ce qui concerne l' Allemagne, qui constitue l'ennemi principal, Darlan fon-
            de ses directives sur le fait que vouloir l'atteindre par le Nord serait impraticable,
            alors qu'au contraire, la Méditerranée permet cles communications plus aisées avec
            les Alliés de l'Est. «C'est clone en Méditerranée, et meme en Méditerranée centrale,
            qu'il faut  agir:  les  autres  théatres  sont secondaires»  conclut-il.   ·
                 Ainsi, pendant cette période de «l'entre deux guerres» que Foch prévoyait de
            façon  prophétique  comme  devant  erre  un  armistice  de  20  ans,  la  politique  de
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