Page 165 - Il Mediterraneo quale elemento del Potere Marittimo - Atti 16-18 settembre 1996
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LA POLITIQUE NAVALE DE LA FRANCE ET L.A MÉDITERR.ANÉE 1919·1939 151
revanche, il reconnait à la Marine italienne, qui serait appelée à agir sur le théatre
pour lequel elle a été conçue «une supériorité très appréciable du point de vue cles
batiments légers». Il résulte de cette étude que l'esca dr e cuirassée française, sera
déployée en Méditerranée, au moins tant què l' Allemagne sera soumise aux condi-
tions du traité de Versailles. Dans les faits et jusqu'à nouvel ordre, les deux divi-
sions de ligne françaises (6 cuirassés) sont basées à Toulon.
Quelque difficiles qu'aient pu etre les relations franco-italiennes du moment,
il n'est pas impossible que l'on ait, dans ce pian, noirci le tableau à dessein pour
justifier l'ambition du statut naval Quoiqu'il en soit, la volonté de dépasser le ton-
nage additionné de nos deux adversaires présumés gouvernera l' effort de recon-
struction de la Marine et la posicion de la France dans les conférences internacionales.
Quant à la politique extérieure, elle s' efforcera de constituer une alliance de revers,
pour laquelle, au regard de la menace italienne, la Yougoslavie, notamment, qui
possède une façade sur l' Adriatique et par conséquent une peti te Marine, sera for-
tement sollicitée.
Les conférences internationales qui, à un ti tre ou à un autre poursuivent l' ob-
jectif - louable mais chimérique - du désarmement naval, constituent la toile de
fonds de la décennie suivante. La reconstruction de la Marine française se pour-
suit, malgré les aléas de la crise économique et les problèmes que posent, pour son
aéronautique navale, la création d'un ministère de l' Air.
Mussolini ayant affiché a maintes reprises la piace que l'ltalie entend détenir
en Méditerranée, la conséquence logique en est que la Marine italienne, dans la
continuité de la politique d' expansion méditerranéenne qui est celle de so n pays,
poursuit également son développement.
Aux 3 3 000 t. mis es en chantier e n moyenne chaque année par la France, ré-
pondent environ 25 000 t. pour la Marine italienne dont les conceptions d'emploi
sont très proches de celles de la France: protéger les liaisons avec la Libye et mener
cles attaques contre les communications françaises. Il en résulte une grande simili-
tude des programmes. Après avoir mis l'accent sur les croiseurs lourds, l'effort por-
tera, dans les deux marines, sur les contretorpilleurs puis sur les croiseurs légers.
L'une et l'autre attacheront également une grande importance aux sous-marins.
Conséquence de cette rivalité exclusive avec la Marine italienne: les program-
mes français de «forces légères» <3> - qui n'ont fàit l'objet dans le traité de Wa-
shington d' aucune clause de limitacion globale - mettront l' accent sur cles batiments
dont les caractéristiques seront essentiellement adaptées au théatre méditerranéen.
«<l est certain, écrivait l' Amiral Castex, que des unités et rapides, à distance fran-
chissable modérée, pourront etre utilisées mieux en Méditerranée que dans d'au-
tres régions, étant donné les faibles parcours à effeccuer et la proximité de nombreuses
bases». On pourra, par la suite, reprocher à la Marine d'avoir négligé ses obliga-
tions océaniques et les cons~quences s'en feront sentir en 1943 lorsque Ies forces
maritimes d' Mrique rentreront dans la guerre.

