Page 163 - Il Mediterraneo quale elemento del Potere Marittimo - Atti 16-18 settembre 1996
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LA  POLITIQUE  NAVALE  DE LA  FRANCE  ET  LA  MÉDITERRANÉE  1919-1939   149

      des  politiques et de l'opinion publique, une véritable menace, la  France désarme
      au contraire 100 000 tonnes de batiments de ligne. Elle se retrouve ainsi, en 1920,
      avec une flotte passée de 690 000 tonnes en 1914, à 485 000 tonnes de batiments
      démodés et fatigués. Enfin, les problèmes militaires ayant au cours du conflit large-
      ment pris le pas sur les problèmes navals, elle n'a strictement aucune politique navale.
           C'est dans  cette situation d'infériorité que la  France se présente, en  1921, à
      la conférence de Washington. En vertu du traité de  1922 qui en découle, elle est
      contraiate d'admettre une limitation à 175 000 tonnes de son tonnage en batiments
      de ligne et en porte-avions, limitation qui s'applique dans les memes termes à l'Ita-
      lie.  Si  l'Etat-major français  admet que pour cette dernière ce  niveau  de tonnage
      autorisé est inesp~ré, il considère qu'en ce qui concerne la France, cette limitation
      est inadmissible car elle ne tient pas compte de ses besoins permanents de puissan-
      ce mondiale. Mais surtout, il ne peut admettre, pour les grands batiments, la parité
      avec l'ltalie dont le tonnage du moment n'excède pourtant pas 68%  du tonnage
      des  batiments  de  ligne  français.
           Il est vrai que les capacités financières de la France, à l'issue d'un conflit qui
      la laisse exsangue et surendettée, ne lui permettent pas, dans l' immédiat, de réali-
      ser ce qu'autorisent les  clauses du craité; il est vrai que la délégation française oh-
      tiene- au risque d'etre accusée d'intentions agressives - que les  forces légères  et
      les sous-marins ne fassent l'objet d'aucune réduction. (Ce qui bénéficie également
      à l'ltalie). Il  n'en reste pas moins que le traité de Washington causera en  France
      une grande déception, pour ne pas dire une humiliation national. Quant à la pari-
      té avec la Marine italienne, elle dominera pendant vingt ans les relations cles  deux
      pays.  Mais,  paradoxalement, cette  déception  sera  à l'origine du renouveau de la
      Marine française <2>.
           Fort de l'expérience de Washington, le  gouvernement français  n'entend pas
      se retrouver ,.lors cles  négociations ultérieures, dans une posi ti o n aussi inconforta-
      ble que celle qu'ont connu les  négociateurs  français.  Par ailleurs, l'Etat-major de
      la  Marine souhaiterait,  pour assurer la  continuité cles  programmes,  ne  plus etre
      assujetti à règle de l' annualité budgétaire. Pour c es deux raisons, la Marine élabore
      un projet de «Sta tut naval» desti né à erre présenté à la Chambre d es députés à l' oc-
      casion du budget  1924.
         ·  Ce projet·couvre la période 1925-1943~-H définit-clairement les- missions de
      la Marine et détermine le tonnage nécessarie pour les remplir. A l'issue de la pério-
      de considérée, la Marine française devrait armer 720 000 t. de batiments de com-
      bar et 80 000 t. de batiments de servitude. Elle devraic ainsi disposer d'une supériorité
      de l'ordre de 150 000 t.  sur les flottes italienne et allemande réunies, en supposant
      toujours l' Allemagne  réduite à  la  flotte  autorisée par le  traité de Versailles.  Pour
      convaincre les  députés, dont les  débats manquent de discrétion, seuls les  besoins
      «absolus»  sont officiellement pris en compte:  réalisation des  droits  reconnus  par
      le traité de W ashington, obligation pour la Frane e d' entretenir d es moyens sur deux
      façades,  protection  cles  communications avec  l'Empire.
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