Page 169 - Il Mediterraneo quale elemento del Potere Marittimo - Atti 16-18 settembre 1996
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LA POUTIQUE NAVALE DE LA FRANCE ET LA MÉDITERRANÉE 1919·1939 155
Cette constatation s'appuie notamment sur le fait que, en 1928, «les manoeu-
vres de la flotte britannique toute entière s'effectuaienc encre Malte et les atcerrages
Gibralcar sur le thème de la rupture des communications françaises entre la métro-
pole et l'Afrique du Nord, puis sur celui d'une occupation de la Tunisie réalisée
avec le concours cles troupes alliées dans un débarquement couronné de succès»
et que «la diplomatie britannique s'est appliquée à entretenir I'opposition entre
la France et l'ltalie afin d'écarter roure possibilité d'une alliance dangereuse pour
l'emprise anglaise en Méditerranée». ·
Désormais, à partir de 1936, ces réticences à l'égard de la Grande-Bretagne
n'auront plus cours. Il s'agir pour la Marine française d'avoir à l'égard de la Royal
Navy une attitude constructive. La recherche, face à l' Allemagne et tout en ména-
geant l'ltalie, d'un accord naval global franco-anglais constitue désormais le fonde-
ment de la politique navale française. L'E.M.G. reste cependant conscient que meme
si l' Allemagne agir seule, il faudra maintenir en Méditerranée une force navale re-
spectable en raison de la seule présence de la flotte italienne do ne l'atti tu de ceste
incertaine. La changèment de Chef d'Etat-major Général qui interviene le 1er jan-
vier 1937 (l'Amicai Durand-Viel est remplacé par l'Amiral Darlan) ne modifiera
rien, le nouveau titulaire ayant été associé de très près à certe réflexion dans ses
fonctions précédentes (Chef du cabinet militaire du Ministre).
Contrairement à une idée reçue qui voudrait que la Marine française se soie
développée au détriment de l'Armée de terre, l'ambitieux programme naval cles
ci n q dernières anneés de p a ix reçoit - une fois n'est pas coucume - l' appui co tal
cles instances supérieures de l' Armée. En effet, les conceptions stratégiques du Gé-
néral Gamelio, Chef d'Etat-Major de la Défense national, rejoignent les préoccupa-
tions de la Marine en faisant jouer à la Méditerranée, y compris au bassin orientai,
un role essentiel. Le Général Gamelin esrime en avril 1936, immédiatement après
la remilitarisation de la Rhénanie, que si nos alliés de l'Europe subissaient une agres-
sion, il lui serait difficile de les secourir en contee attaquant directement l'armée
allemande, faure de moyens «Capables de décruire, en temps utile, les ouvrages édi-
fiés sur norre frontière». Il suggère clone l'étude d'une manoeuvre de débordement
par le Sud de l'Europe, du meme type que celle de Salonique en 1915, mais avec
plus d'ampleur. L'Amiral Darlan fera sienne cetre conception.
Pour ce qui concerne l'accord naval franco-anglais recherché, la guerre d'E-
spagne, qui éclate en juillet, offrira ~ nouveau plusieurs occasions de contacts et
d'entretiens d'Etat-Majors, visant à formaliser une collaboration entre les deux ma-
rines, notamment en Méditerranée.
En effet, l'E.M.G. s'inquiète, dès aout 1936, du nombre élevé de batiments alle-
mands et italiens croisant sur les cotes d'Espagne au motif de protéger leurs ressor-
tissants et de sauvegarder leurs intérets. Des informations laissent entendre que l'ltalie
autait cles vues sur les Baléares et l~ Allemagne sur les Canaries. Les Britanniques
font preuve de scepticisme à l' égard de ces informations. Une visite de l' Amiral

