Page 171 - Il Mediterraneo quale elemento del Potere Marittimo - Atti 16-18 settembre 1996
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LA POLITIQUE NAVALE DE LA FRANCE ET LA MÉDITERRANÉE 1919·1939 157
défense de la France a été entièrement dominée par l'obsession de l'Allemagne.
Cependant, en face d'une ltalie soumise à un régime fasciste expansonniste, la Mé-
diterranée aura occupé une piace de premier pian dans la politique navale française.
La Marine française dispose à la déclaration de guerre de 5 75 000 tonnes de
batiments modernes en service et de 170 000 tonnes en construction. Cetre flotte,
reconstruite avec détermination, pragmatisme et cohérence grace à l'action de grands
ministres et de chefs d'Etat-major de valeur, constitue certes un superbe instru-
ment mais ne répond pas à l'objectif poursuivi d'une Marine française supérieure
aux Marines allemande et italienne réunies. En 1939, la Flotte française en service
est à peine supérieure à la Marine italienne. La stratégie méditerranéenne que la
France envisage n'est possible que gn1ce à l'accord naval franco-anglais conclus in
extremis, après 15 ans de méfiance à I' égard de la politique britannique.
Mais la conception stratégique et les projecs méditerranéens du Chef de la Ma-
rine française qui en découlaient, supposaient d'une pare une guerre Iongue et d'autre
part une entrée en guerre immédiate de l'ltalie: la non-belligérance de cette derniè-
re jusqu'en juin 1940 et la situation sur le Front de France à ce momenc-la de-
vaient complètement modifier la donne.
NOTE
(l) «Un peuple de quarante cinq millions d'ames n'est vraiment libre qu'à condition d'a-
voir un libre accès à l'océan» Mussolini- discours du 10 juin 1940 annonçant l'entrée de l'Italie
dans la guerre.
(2) Deux mois après la signacure du traité de Washington, le Parlement français vote le
18 avril 1922 une tranche navale de 81 000 t., comprenanc l P.A. - 3 croiseurs légers- 6 contre-
torpilleurs - 12 torpilleurs - 11 sous-marins.
(3) Croiseurs, contre-torpilleurs, torpilleurs et sous-marins.
(4) «Si, il y a six mois ou un an, je m'étais permis en tant que First sea Lord de dire
à mon gouvernement qu'il y avait lieu de préparer un conflit armé avec l'ltalie, je me serais
fait taxer d'insensé)), confiant le 30 octobre 1935 l'Amicai Chatfield à l'Amicai Decoux.
(5) En janvier 1934, le vice-amiral Darlan, alors chef de Cabinet du Ministre avait adres-
sé à ce dernier un réquisitoire contee ce traité.
(6) La déclaration de guerre ne permettra pas de les mener à bonne fin.
(7) A la demande cles Britanniques, la «Force de Raid>•, composée cles croiseurs de batail-
le Dunkerque et Strasbourg, d'une division de croiseurs et cles contre·torpilleurs les plus récents,
restait cependant en Atlantique pour y opérer avec la Royal Navy.
(8) Dont le procès-verbal est conservé au Service historique de la Marine.

