Page 61 - Le Operazioni Interforze e Multinazionali nella Storia Militare - ACTA Tomo II
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Le Contingent Marocain en Somalie
(Décembre 1992 à Avril 1994):
Une opération humanitaire réussie ?
omar El oUADoUDI
a Somalie a vécu (ou survécu) de crise en crise depuis l’écroulement du régime de
L Siad Barré en Avril 1991. Sa défaite va entraîner le pays dans la tourmente de la
guerre civile et les factions armées vont s’entre-déchirer faisant de la capitale Mogadi-
scio un immense mouroir et du reste du Pays une population entamée par la famine, la
pire famine que l’Afrique ait connu depuis celle de l’Ethiopie en 1985.
Le drame somalien avait atteint une intensité telle que ses effets chaotiques sous-
tendent jusqu’à aujourd’hui les risques de retour en arrière: 2 décennies de chaos, La
plus longue guerre civile en Afrique.
Rétrospectivement, la famine s’est déclenchée en début 1992 dans un contexte
d’anarchie dans un pays de sécurité alimentaire fragile aggravée par la sécheresse.
Lorsque 6 mois plutard, les Nations Unies, les pays donateurs et les médias alertés par
les ONG s’étaient intéressés aux affamés, les morts se comptaient déjà par milliers.
Pire encore, Au moment où se décide la mission onusienne de l’aide, il ressurgit le
clan des vaincus en Avril 1991, pour tenter de reprendre Mogadiscio par les armes après
la chute du régime et dont les miliciens ruminant leur vengeance ravagent les provinces
du Raxanweyn abritant le potentiel agricole le plus significatif de la Somalie.
Plus que l’insuffisance de la pluviométrie, ce sont surtout ces destructions qui vont
générer la famine générale s’abattant sur la région de la mi 1992 à 1993 et forçant la
sympathie internationale pour la mise en place d’une aide alimentaire urgente mais tar-
divement parvenue.
Après le « vœu pieu » de l’opération Onusienne ONUSOMI à base de 23 millions de
dollars et de 50 observateurs et dont l’échec s’est répercuté sur le plan humanitaire, c’est
la résolution 794 du 3 décembre 1992 qui va infléchir le destin de la Somalie en auto-
risant le recours à la force par le biais d’une opération militaire ponctuelle sous com-
mandement américain UNITAF plus connue sous l’appellation « Restore Hope » et qui
sera relayée ultérieurement par « Continue Hope » (UNOSOM II) à partir de Mai 1993.
Les opérations militaro-humanitaires de l’ONU en Somalie ont généré de nom-
breuses analyses de la part des spécialistes et des écrivains lesquels ont majoritairement
souligné que leur militarisation à outrance excluant totalement la dimension politique et
sociale de la crise n’a fait que fragiliser la situation davantage.
En effet, au bilan, si l’opération « Restore Hope » avait réalisé ses objectifs dans
la lutte contre la famine et amélioré relativement le contexte humanitaire en Somalie,
celles qui l’avaient relayées jusqu’à mars 1995, n’avaient pas pour autant achevé leurs
missions et de ce fait, n’avaient constitué qu’une simple parenthèse dans la guerre civile,
car elles n’avaient pas été accompagnées d’un véritable processus de stabilisation et de

