Page 64 - Le Operazioni Interforze e Multinazionali nella Storia Militare - ACTA Tomo II
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704 XXXIX Congresso della CommIssIone InternazIonale dI storIa mIlItare • CIHm
privilégiant le « pallier au plus urgent » qui a caractérisé l’approche internationale de la
crise Somalienne menée par l’ONU et qui l’a encore enfoncée davantage dans l’impasse.
D’autres facteurs endogènes sont à considérer dans cette étude mais faute de temps nous
préférons les situer dans le débat qui sera autorisé par Mr le Président en fin de séance.
II- LA DIMENSION HUMANITAIRE :
Limitons nous dans l’étude du volet humanitaire, à l’analyse du soutien sanitaire que la
communauté internationale devait apporter progressivement à une population en détresse
ravagée par la famine et les atrocités de la guerre civile. Voici brièvement le tableau:
• Sur les 70 hôpitaux existant à travers la Somalie en 1988, 15 seulement sont restés
partiellement fonctionnels. La plupart d’entre ces 15 ne disposent plus de l’équipe-
ment médical de base.
• Les 3 hôpitaux de Mogadiscio tous situés à proximité du centre ville étaient soit blo-
qués en zone de combat soit pillés jusqu’à l’état de ruines.
• Une seule clinique agissant pour l’organisation autrichienne « SOS » village d’en-
fants, dirigé par un italien, pouvait fonctionner en antenne chirurgicale en transfor-
mant les salles de classe d’un orphelinat.
• MSF s’installe la première à Mogadiscio et sera longtemps la seule à apporter des
secours et des médicaments et la première à sortir des murs de la capitale mais sur-
tout à témoigner et à diffuser la détresse à l’étranger en pleine guerre du Golfe.
• Le CICR avait imposé la mise sur pied d’un hôpital dans une prison, au lendemain
de la signature du cessez le feu, mais très vite il va être conquis et pillé et il n’y sera
autorisé qu’une petite clinique d’enfants de l’ONG « Save the children » soignés sous
tentes au moment où il est recensé plus de 40% d’enfants souffrant de malnutrition
grave.
• L’UNICEF s’est investi dans le soutien pédiatrique et la nutrition thérapeutique et
l’OMS a mis des cadres de santé dans le pays.
Quand l’espace humanitaire a commencé à se confondre avec l’espace militaire, les
ONG travaillant jusqu’alors en autonome apparaissent comme contributrices, à l’écono-
mie politique du conflit même s’il est reconnu de toute évidence qu’elles ont été prises
entre le dilemme de témoigner et celui de sauver des vies tout en préservant la sécurité de
leurs personnels. Ce qui n’enlevait rien à leur dévouement mais la stratégie de l’accepta-
tion cherchant à obtenir le consentement politique pour accéder aux populations vulné-
rables a trouvé ses limites, d’autant plus que les tentations de leur instrumentalisation par
les parties en conflit ont rendu difficile la mise en œuvre de cette stratégie. Le déploie-
ment militaire devait permettre aux ONG de se débarrasser de leurs gardes somaliens.
La compromission des ONG auprès des miliciens devient inéluctable. Si bien qu’au plan
sécuritaire, cette transition est devenue une véritable épreuve à risque pour les ONG.
C’est pourquoi au moment où se met en place l’ONUSOM II, plusieurs ONG en
profitent pour se replier discrètement pour s’implanter dans le Sud-Soudan, dénonçant
l’amalgame entre actions militaire et humanitaire « l’armée du salut humanitaire s’est
transformée en force d’occupation en pesante tutelle » dira Stephen Smith de MSF.

