Page 63 - Le Operazioni Interforze e Multinazionali nella Storia Militare - ACTA Tomo II
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             question de la Somalie qui venait d’éclater comme une grenade.
          4.  Quand la situation s’est dégradée, le mandat onusien « imposer la paix » est deve-
             nu un leurre et d’aucuns parleront en langage désabusé de « croisade humanitaire »
             qui tout au moins n’est pas réellement, « la poursuite de la politique par d’autres
             moyens» au regard du surdimensionnement de la force, et des choix tactiques opérés.

             En conséquence, la mise en œuvre des solutions se révélera inappropriée quand pro-
          gressivement va s’imposer la difficulté du théâtre. Pourtant la connaissance de la ques-
          tion somalienne et de sa complexité exigeait la prise en considération d’autres facteurs
          déterminants surtout qu’on allait pour la première fois dans l’histoire faire valoir le droit
          d’ingérence humanitaire dans un pays en crise.
             Seule l’analyse historique de cette nation nomade est en mesure d’éclairer sur les ori-
          gines de la conflictualité, son passage de la pauvreté traditionnelle à la misère moderne,
          et de comprendre le déséquilibre instable entre son passé non maîtrisé et son futur non
          maîtrisable.
          •  Faut-il remonter la crise somalienne à l’époque des relations entre Rome et Moga-
             discio et explorer la décennie 1950-1960 durant laquelle l’administration protectrice
             avait introduit un nouveau système de l’Etat, un état de conception wébérienne in-
             compatible avec l’organisation traditionnelle de l’autorité basée sur les statuts hérités
             en harmonie avec la réalité clanique comme vecteur de construction politique ?
          •  Faut-il la remonter à 1941 date de la reconquête du Somali land par les britanniques
             annexé en Août 1940 par l’Italie et devenu indépendant en juin 1960, fusionnant
             avec  la Somalie italienne, pour former la République de Somalie mais proclamant
             unilatéralement  son indépendance  après l’effondrement  du pouvoir Somalien  en
             1991 ? Et corrélativement trouver les origines dans le morcellement de cette Corne
             de l’Afrique dont l’interprétation des contours géographiques varie selon que l’on est
             français ou anglo-saxon ?
          •  Faut-il trouver l’explication de la crise dans le fait que la Somalie s’est construite en
             bénéficiant de la rente diplomatique et économique de la guerre froide et quand tout
             cela s’est achevé le pays est devenu difficile à soutenir. N’oublions pas que les pays
             de la Corne d’Afrique constituaient un enjeu de la rivalité entre superpuissances dans
             les années soixante-dix et que la Somalie avait été parrainée par l’URSS jusqu’à
             1977, et quant commencera la guerre civile, les USA sur lesquels s’est tourné Siad
             Barré ont bien vu que le pays a perdu de son importance, il n’y a plus d’URSS, il n’
             ya pas de pétrole.
          •  Faut-il trouver encore les explications dans les relations de la Somalie avec ses voisins
             et leur position au lendemain des indépendances face au défi de l’irrédentisme Soma-
             lien, car l’enjeu était de garder un certain équilibre régional au moment où le pays ins-
             crivait dans sa première constitution un objectif de réunion des populations Somalies
             en accordant automatiquement la citoyenneté aux somaliens vivant sur les territoires
             ne faisant pas encore partie de la République. Même le coup d’Etat du nationaliste
             Siad Barré, va cristalliser les revendications autour du concept de la Grande Somalie.
             C’est donc, l’occultation de ces facteurs au profit d’une lecture sélective du passé,
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