Page 62 - Le Operazioni Interforze e Multinazionali nella Storia Militare - ACTA Tomo II
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           reconstruction du pays.
              Suite au drame de la bataille de Mogadiscio, les USA avaient fait le choix de rapatrier
           hâtivement leurs troupes engagées en Somalie, à sa suite l’ONU avait validé cette orien-
           tation abandonnant le pays à son sort avec juste la famine en moins et on parlera pour la
           première fois dans l’histoire de pays « failli » (failed state).
              Dans  ces 20 minutes, il convient d’abord d’analyser les facteurs qui militent  en
           faveur d’une approche inappropriée du contexte Somalien de l’époque puis d’aborder
           ensuite la dimension humanitaire des interventions onusiennes en mettant en exergue la
           singularité de la participation marocaine, résolument orientée dès le départ vers l’action
           humanitaire pure à travers le déploiement d’un hôpital de campagne à Mogadiscio.

           I-  L’approche internationale  du contexte somalien :
              La fragilité de la démarche onusienne avant et après Décembre 1992 tient du fait
           que seule la dimension de la famine avait été prise en compte dans le champ d’analyse,
           excluant toute appréciation approfondie de la crise politique et de ses implications mili-
           taires. La nécessité du désarmement des factions n’a pas été perçue comme impératif
           préalable aux premières tractations avec les chefs de guerre.
              Les répercussions d’une telle carence n’avaient pas tardé à devenir perceptibles, dès
           que les armes commençaient à être recyclées dans la protection des ONG et la sécurisa-
           tion de l’acheminement des vivres.
              Et faute d’avoir déployé assez tôt un dispositif sécuritaire dissuasif ; toutes les actions
           humanitaires seront menées au départ sous la protection de miliciens payés en numéraire
           et renflouant leurs petites fortunes grâce au détournement de l’aide qu’ils convoient.
              On parlera avec le recul d’incohérences, de passivité, de lenteur d’improvisation, et
           même « d’erreurs comportementales vis-à-vis de la Somalie ».  Nous en citerons les plus
           essentielles :
           1.  Washington avait défendu fermement au départ le scénario du traitement purement
              humanitaire de la crise somalienne excluant tout rapprochement avec la situation
              de la Bosnie pour laquelle les Américains avaient insisté sur la nécessité d’une aide
              humanitaire escortée. Nous nous rappelons tous du tollé suscité à l’époque chez les
              Africains soutenus par la France et l’Autriche  au sujet  des deux poids deux mesures.
              Le changement d’attitude américaine interviendra un peu plus tard en conjoncture
              électorale serrée.
           2.  New York avant de saisir « l’offre » américaine, nourrissait la conviction contro-
              versée que, d’une certaine manière, les nationalismes y compris somalien étaient
              condamnés à disparaitre avec la fin de la guerre froide pour céder la place à la gou-
              vernance mondiale. Dans les faits, cette vision globalisante s’avérera encore préma-
              turée pour le cas somalien.
           3.  Les succès remportés dans la guerre du Koweït, sur laquelle l’attention internationale
              restait rivée à l’époque, ont animé aussi bien à Washington qu’à New York le sen-
              timent que s’il on est aisément venu à bout de la puissante Armée irakienne, régler
              militairement dans le temps le petit cas somalien relevait d’une promenade de santé,
              sans compter que la crise du Golfe avait éclipsé sur les ondes du monde entier la
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