Page 121 - 1992 - XVIII Congresso Internazionale di Storia Militare
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l'ART ~IILITAIR~ AU XVII'  Si~CLR                        87

       Reconquisca, et la  première, elle peuc se docer dc l'armée moderne d'une grande
       puissnncc cc  donncr  l'exemple aux autres monarchics.
           D'!lillcurs, la complexité croissante de l'art milicaire appelle une ccnain<? spé·
       cialisacion du mérier des armes, donc t'Jtalie a  éré le berceau. Or, !es armécs per·
       manences  courent  fon cher.
           Plus quc jamais, en Europe occidentale, l'argcnr est le  nerf dc la guerre. Ail·
       leurs, faure d'apparci! d'Erat, on doir eo resrer au rassemblement de forces armécs
       loc<~les, avec  une srruccuqnion  insuffisanre.
           Cependam, les  innovacions  ne  restenc  pas confinées à  I'Europe occidenral~
       l'Europe orientale n'est pas en reste pour l'arrillerie et !es armes légères. Au débur
       du xvru• siède, l'armée russe peut supporrer la comparai.sort avcc les aurres arrnécs
       occidc~cales. L'armée rurque, moins favorisée parla métallurgie et handicapée par
       un système socio-polirique assez lourd, n'a pas perdu de sa force aucanr qu'on l'a
       dir mais  l'adopcion  dcs  méthodes de combac occidentaJes est diJfìcile  car cile  se
       heurte à des  usages  rradicionncls_ li faut  adapter faure  de pouvoir  adoprer.
           Les  Etars de l'lode,  la  Chine et le Japon offrent cles  cas  clifférenrs.  En lode,
       ce qui parair le plus efficace esr J'emploi de quelques perires unirés de mercenaires
       étrangers au fair des armes nouvcllcs. En Chine, après une périodc d'ouverrure illus·
       rrée notammenr par le chef pirate Coxinga vers 1640, puis à la cour de P.ékin par
       l'influcnce de missionnaires jésuites, le canon sere plus à rehausser l'éclat des reres
       qu·à combame. leJapon, après avoir adopré noramment cles armcs Légères, se ferme
       en 1642. Chine et Japon so m  prorégés par la densiré de leur popularion qui i ne ire
       les Europécns à  ne pas courir d'avenrures miliraires, randis que l'lode, profoodé·
       menr divisée devienr au XVlil" siède le rhéacrc de rivalirés coloniales, enrre Anslais
       cc  Français.  Enfin, dans  le  Nouveau  Monde,  l'effondremenr cles  Erars précolom·
       biens laisse les Européens eo face des seuls obstacles narurels: d'iromcnses régions
       donr l'occuparion  oe préscme p.our eux que peu  d'incérèt.  Il en est de memc cn
       Afrique.  Aussi  les  Européens se  bornent·ils le plus souvenr à  la construccion de
       petires forcificacions desùnées à  procéger leurs comptoirs commerciaux, à f'excep·
       tion de quelques_petires zones de peuplemenr: Nouvelle·Angleterre, Canada, Ancil-
       les,  Mascarcigoes.
           Les Européens n'éra.iem pas !es seuls à penser la guerre. "L'are de la guerre"
       de Suo T su (emre 400 er 320 avamJésus-Christ) en cémoigne. Il s'agissait de règlcs
       universelles d·acrion inspirées surcout parla guerre de srylc iodircn et adaptables
       à cles armemems et des logisriques différenrs.  Ce  rraicé ne sera connu en  Europe
       que par une tradunion du XVUit siècle.  Le  fnit essenriel est In  conccncration cles
       forces armées dans Ics mains d'un perir nombre dc mooarques, à l'exemple de I'Espa·
       gne, mieux servis  pu des administrations en voie de développement. Les souve-
       rains sonc placés devam des  respoosabilirés  nouvelles fort lour.des. Si  les  notions
       d'honneur et de gioire rescenc vivanres, depuis Machiavel, elles sont de plus cn plus
       submergécs par le réalisme polirique qui conduit à  la  norion de raison d'fitat. Le
       complexc polidco-miJjcaire devient un élémem de réflexion  prioritaire dans deux
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