Page 124 - 1992 - XVIII Congresso Internazionale di Storia Militare
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90 A>'ffillE C.ORVISIER
La fréquence des guerres en Europe aux XVJ< et XVH• sièdes, y compr.i.s les
guerres civiles souvem enaerenues par des puissances érrangères, Ics changemenrs
d'alliance, l'arrraction exercée par les souverains les plus puissaors sur les profes-
sionn.els de la guerre, om permis une réelle osmose enrre les méthodes de combar
pratiquées dans I'Europe occidentale ec centrale. Ainsi des ingéoieurs icalien.s se
rrouveor pendaor assez longtemps dans routes Ics armées. Les innovations passem
vite d'une armée à l'auae. 11 en résuJte une pratique commune de la guerre clone
o n trouve l'écho, par exem.ple dans Le parfait capitaint (1631) er Le Tt·aité dlla guerre
(1636) deRohan, rassemblam en un corps de doarine des principes, fruirs de l'expé-
rience, pa.rmi lesquels l'économie des forces et l'approche indìrecte.
Cela n'empèche pas qu'émerge au XVII< siède des hommes de guerre de pre-
mier pian qui onr falt évoluer l'art milirairc, soit par la manière dom ils om mcné
leurs c"&mpagnes comme Mauricc de Nassau, Spinola, Gustave-Adolphe, Rohan (dìs-
paru trop ror), Turenne, Zrinyi, Momecucco1i; soit par des innovaùons portaor
su.r l'armemem ou la tactique, comme !es Nassau et Gustave-Adolphe, soie par leu.rs
rrairés rhéoriques comme ceux de Rohan ou Montecuccoli, écrirs entre deux guer-
res ou en captiviré.
Après !es Icaliens, !es Nassau onr pensé que la guerre s'apprenair non seule-
menr en combatta or, mais égaJemcnr par un enscignem.enr à base scienrifiqu.e, sur-
rour marhémati.que. Rappelons que !es matbémaciques viennem de se doter d'une
symbolique indispensable et que s'est produire une "révolution machémarique" pré-
parée par Steven, illuscrée par Erancis Bacon aux a.lenrours de l'année L620. L'école
de Siegen (1617) imitée par l'Ac.adémie des exercices de Sedan cxerce une grande
influence en milieu procesranr, surrouc sur Gustave-Adolphe cc Turenne.
Gustavc-Adolphe a joué un cole de prcmier plan. Il rendìr la troupe plus mobile
en modifiant la répartition des combacrams en régiments de cavalcri.e, b.rigades
d'infanrerie, et par l'accroissemenr du role de l'artillerie de campagne. li consolida
l'équilibrc enrre piquiers et mousquetaircs, un peu plus dcs premiers que des seconds
(2161192). S'il incroduit le feu de peloron, jj renonce à la caracole de la cavalerie,
considérant que le feu ne peut vai nere seui. L'arme bianche est l'arme de la vicroire.
La charge à la suédoise se fait à cinquante mètres seulemem de l'ennemi et
la pique joue un réìte décisif. n poussa plus loin que ses prédécesseurs la coopéra-
rion dcs armes. Pat conrre, sa stratégie est handicapée par une logisùque déficienre.
Après la vicroire de Breirenfeld, il renonce à poursuivre Tilly ou à marcher sue
Vicnne, car la survie dc son armée exige d'aUer piller les richcs biens ecclésiasti·
ques de Bavière ec de Franconie. Dans ce dernier domaine, la leçon est donnée
par Wallenstein et son homme d'affaires Hans de Wirre, organisanr des magasins
ec un systèmc de coocribucions forcées pour limirer le pillagc.
Monrecuccoli se crouve au carrefour d'ioJiuences diverses. Quaz:ante-er-une
campagnes, à l;t fois contee Jes Tures dont ilescimc la logistique er conae les .Fran-
çais et leurs alliés, des siègcs, des bataill,es. C'est également un érudir de formation
humaniste, héritier à la fois de l'esprit scienrifique fondé sur l'observacion ec l'expé-

