Page 120 - 1992 - XVIII Congresso Internazionale di Storia Militare
P. 120

86                                               ANDI\E CORVISlER
             750; l'Lnvicible Arma da eo  1588 c:c  possède 243 1; à Bevezicrs, 4600 canoos
             français som opposés aux 3900 caoons hoiJandais.  Lcs bacaillcs  cavales som
             devenucs dcs duels d'anillecic, surmuc depuis qu'eo 1639 à la bacaille des Downs,
             o n assiste au premier com bar en ligne. O n mcsurc la différence avec les baraiUes
             rerresrres. Enfìn, dans la seconde moitié du siècle, la frégat~ plus aUongée, mania-
             ble er  rapide que  le  vaisseau de Hgne,  permer de pon er la guerre navale  loin
             de I'Europe avec une inrensiré nouveiJe.
             La révolucion miliraire a  sun:our éré mise à profit dans les guerrcs eotre Euro·
             péens, que ce soie pour acreindre d es objeccifs sirués en Europe ou dans l es autres
             panies du mondc. n esc évidem qu'elle a  a.ssuré aux Européens une supériorité
             écrasance sur les empires et les populacions du rcsce de Ja planèce, compensane
             dans une large mesure .le handicap de la discaoce er de l'érenduc.  Elle n'aunic
             rourefois pas écé possible sans J'efflorescence d'une pensée policico·milicairc qu'cxi·
             geair l'lmporcance nouveiJe p~ise par  la  logistique.

          La logisùquc er la  peosée poliùco-militaire
              L'arme à feu  er l'augmemarion des effecrifi impliquaient la possession dc rcs·
          sou.rces accrues er l' organisarion du potenciel mis à la disposirion  des .armées. En
           meme temps, elle créa une hiera.rchie nouvclle de puissance dans une Europe déchirée
           par  dcs guerres incessanres.
              La premìère différendarion vienr des ressources mérallurgiques. Bi e n que l' indus-
          rrie  mérallu.rgique aie  été beaucoup plus épa.rpillée alors  qu'à l'époque comempo-
           raine, cerraines régions se distinguèrcnr v ire pouc J'indUsrrie du bronze, gr ace à l eu r
           rid1esse en minerai: Espagne, Suède, Allemagne moyenne ou pour celle du fcr:  Espa-
          gne, Suède, Liègc, Allemagne moyenne. les autres pays sonr conrraims dans une large
           mesure d'importer des produits demi-ouvrés, voirc des armes, ce qui en accroir le
          eolie. Significarif esc à cer égard l'exemple du Portugal. A  l'aubc des remps moder·
           nes,  on y fabr.ique des canons,  meme des canons se cha.rgeant par la  culasse, mais
          dès la  seconde  moitié du XVI~ siècle, on y  renonce pratiquemenr (peur.eue aussì
          à  cause du  rarcachemem à  l'Espagne) er le  Porrugal imporrera  ses canons.
              La  seconde. différenciacioo  vient du coiìr de la  guerre. Cerces,  on a  renoncé
          à fabriqucr des armes crop sophisriquées pour erre fiables. Les dépenses m.il.itaires
          croissenr néanm.oins et l'an se rab ac sur des armes plus prariques et plus robusres.
              Par ailleurs, les forcificarions nouveJies,  rendues nécessaircs  par l'emploi de
          l'arrilleric, coiìcenc plns cher. Aussi les  féodaux et Ics cirés doivenc abandonner la
          compétirion. Seules qu.elques cirés-Ecars et l.es monarchies peuvent se dorer dc sysrèmes
           fìscaux, d'ailleurs insuffìsanrs, grace à des admiuisrracions qui se développem. E n
           france, la F.ronde sera  la dem.ière Johtnifesmriou d'une admìnistratioo milìtaire émiet·
           cée  eotre les  pouvoirs locaux. La guerre devieor l'affaire des Erats exdusivemenr.
           L'Espagne, grace à ses ressources minières, à l'or d' Amécique, à ses letrados,  pép•·
           aière de foncrionnaires, peur entrerenir l'élan  milicaire dcs dernières phases de la
   115   116   117   118   119   120   121   122   123   124   125