Page 275 - Le Operazioni Interforze e Multinazionali nella Storia Militare - ACTA Tomo I
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ActA
d’exécution des leaders de la cause du Kamerun. L’annonce de l’exécution de Rudolp
Douala Manga Bell, chef supérieur des Douala et son secrétaire Ngosso Din, ainsi que
Martin Paul Samba et plusieurs autres chefs sur l’ensemble du territoire, a fini par jeter
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l’effroi au sein de cette population . En assassinant ces leaders dans les localités consi-
dérées comme peu soumises à leur brutale colonisation, les allemands espéraient créer
un climat de peur et forcer l’obéissance des populations en cas de conflit avec une autre
puissance européenne. Le contraire s’est produit et l’arrivée des alliés a plutôt été célé-
brée dès le début des hostilités à Douala, comme une occasion idoine pour se libérer
définitivement des Allemands.
Par contre, certaines populations comme les Ewondo, dans la région de Yaoundé,
dont le chef supérieur Charles Atangana est interprète de profession dans l’adminis-
tration coloniale allemande et le chef Nanga Eboko, se sont rangés du côté des alle-
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mands . C’est sans doute ce qui explique pourquoi les forces allemandes attaquées dans
toutes les directions, ont choisi de replier dans cette région avant d’organiser leur retrait
vers la Guinée espagnole. Dans l’Ouest du pays, la fidélité aux Allemands du sultan
Njoya, roi des Bamoun s’explique par le fait que ce grand chef a pris conscience très
tôt du déséquilibre sur l’état des forces en présence dans sa région. Leader clairvoyant,
il était convaincu qu’il avait plus à apprendre des allemands pour le bien de son peuple,
qu’à leur apporter une quelconque résistance. L’imminence de la guerre n’eût aucune
influence sur cette fidélité. Sa position aurait même évité le pire à ses populations, au
moment où les allemands étaient progressivement encerclés par les alliés .
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d) La perte du Kamerun allemand
La campagne du Kamerun, longue de dix huit mois, d’août 1914 à février 1916, est
considérée comme une des plus dures de l’histoire militaire coloniale d’outre-mer. Les
chefs militaires allemands à tous les échelons, possèdent une capacité extraordinaire
d’appliquer les principes d’une défense « alternative » : harcèlement des lignes de com-
munication, destructions diverses, contre-attaques menées par des détachements légers à
partir des solides points d’appui faits d’obstacles battus par le feu d’armes automatiques.
Dans une directive à ses troupes, le 17 octobre 1914, le Lieutenant-Colonel Zimmer-
mann écrit :
« Même à la défensive, l’action et l’esprit d’offensive doivent être la règle,
seule l’immobilité est condamnable. Les pertes de terrain importent peu
quand elles sont compensées par l’arrêt de la progression de l’ennemi et
les pertes qu’il subit surtout en cadres européens » .
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30 Bitchoka, I.S., (1986), « Les soldats camerounais dans la première guerre mondiale : 1914-1918 », Mémoire
de maîtrise, Université de Yaoundé, p.22.
31 Mbué Ngappé, B., (2010), ‘‘La résistance à l’expropriation du Cameroun allemand 1909-1916’’, Actes du
XXXVIè Congrès de la CIHM : Insurrection et contre insurrection, le combat irrégulier de 1800 à nos jours,
Amsterdam, pp. 213-221.
32 Bitchoka, « Les soldats camerounais », p.27.
33 Jouin, Y., (1965), ‘‘Les campagnes d’Afrique 1914-1918 : la conquête du Cameroun’’, Revue historique de
l’Armée, Paris, n°2, p.79.

