Page 271 - Le Operazioni Interforze e Multinazionali nella Storia Militare - ACTA Tomo I
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             Parmi les alliés, le corps expéditionnaire franco-britannique, placé sous le haut com-
          mandement du Brigadier général anglais Dobell, compte 154 officiers, 81 sous-officiers
          européens, 2460 hommes de troupes et 3563 porteurs indigènes du côté anglais. Quant
          au  détachement  français,  il  compte  56  officiers,  354  hommes  de  troupes  européens,
          1859 hommes de troupes africains, 1173 porteurs et ouvriers africains ainsi que 302 ani-
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          maux . En associant à ces évaluations chiffrées le reste des troupes de l’Afrique Equa-
          toriale française évaluées à près de 5000 hommes, dont 600 européens disséminés sur
          un immense territoire et auxquels il faut associer les soldats en renfort du Congo belge,
          l’on réalise que les forces en présence au Kamerun sont nettement disproportionnées. La
          supériorité numérique des forces alliées étant incontestable, le sort des forces militaires
          allemandes du Kamerun en 1914 était déjà scellé.


          b) L’exception du Kamerun par rapport à la guerre
             Malgré toutes les accusations qui sont lancées contre l’Allemagne au sujet de la pro-
          vocation dans les colonies, il n’est nullement démontré qu’elle prépare son protectorat
          du Kamerun à la guerre de 1914. En effet, pour régler la question du partage de l’Afrique
          entre les différents colonisateurs et à la demande du roi des Belge, soucieux de voir re-
          connus ses droits strictement personnels sur le Congo par la communauté internationale,
          une conférence internationale s’ouvre à Berlin en septembre 1884 et s’achève en février
          1885. L’acte général de cette conférence produit de grands principes qui constituent une
          sorte de droit international public de l’Afrique. Parmi ces principes, l’article 2 décrète le
          statut de neutralité du bassin conventionnel du Congo, la liberté de commerce et de navi-
          gation, même en temps de guerre sur le Congo et le Niger . Toutefois, les puissances
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          européennes doivent d’abord délimiter géographiquement et précisément cette région de
          la neutralité, où la liberté de navigation et de commerce doivent s’exercer. Le protecto-
          rat allemand du Kamerun en fait partie. Cependant, la guerre de 1914 vient remettre en
          question ces ententes pour des raisons liées à la stratégie militaire.
             Avec l’accord franco-allemand de 1911, le Congo français subit une nouvelle confi-
          guration. La seule voie de communication sur la Sangha, avec le reste de la colonie
          est entièrement cédée aux allemands, qui voient leur territoire désormais ouvert sur le
          Congo. L’inconvénient stratégique de cette cession est tempéré par l’article 11 de l’acte
          général de Berlin :
                « Art.11. – Dans le cas où une puissance exerçant des droits de souveraine-
                té ou de protectorat dans les contrées mentionnées à l’article 1 et placées
                sous le régime de la liberté commerciale serait implique dans la guerre,
                les hautes parties signataires du présent acte et celles qui y adhèreront
                par la suite s’engagent à prêter leurs bons offices pour que les territoires
                appartenant à cette puissance et compris dans la zone conventionnelle de
                la liberté commerciale, soient du consentement commun de cette puissance


          19  Mveng, E., Ibid, p.349.
          20  Colloque international organisé par le centre des hautes études sur l’Afrique et l’Asie modernes, (1985),
             L’Afrique noire depuis la conférence de Berlin, Editions CHEAM, Paris, p.15.
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