Page 269 - Le Operazioni Interforze e Multinazionali nella Storia Militare - ACTA Tomo I
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ment les revendications allemandes, il s’agit d’abord d’une protestation contre la poli-
tique franco-anglaise d’isolement de l’Allemagne. Ainsi nait le désir de diviser ses deux
grandes rivales dans leurs différends notamment en Afrique du Nord, où les rapports
prennent une tournure préoccupante. Suite aux incidents de Tanger et ses conséquences
dans la crise d’Algésiras, la question marocaine se retrouve au centre d’une crise diplo-
matique majeure, laquelle mène au seuil d’une guerre européenne. L’acte d’Algésiras
apporte des garanties aux intérêts économiques et commerciaux allemands au Maroc. La
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convention franco-allemande de février 1909 va confirmer cet accord . Cependant, le
coup d’Agadir apparaît comme une initiative du gouvernement allemand qui considère
sa politique appliquée depuis cet accord comme un échec. En l’espace d’un été, cette
crise marocaine de 1911 devient un épisode international qui porte le Congo au Centre
des relations franco-allemandes. Son dénouement comporte des compensations territo-
riales qui auront d’importantes répercussions sur les possessions coloniales françaises
en Afrique Centrale en faveur du Kamerun allemand.
En France, l’opinion considère la convention de novembre 1911 comme un succès
diplomatique et politique, laquelle reconnait sans l’avouer expressément, le protectorat
de la France au Maroc. En échange de cette reconnaissance, les concessions territoriales
accordées par le Congo rompent l’unité de l’Afrique équatoriale française. Les riches
terres du Gabon, du Moyen-Congo et de l’Oubangui sont ainsi cédées par la France à
l’Allemagne. Par cette convention, la rectification de la frontière du Kamerun donne
naissance au Neu Kamerun. Pour les pangermanistes coloniaux qui s’estiment frustrés
depuis le partage injuste de l’Afrique, il s’agit d’une victoire partielle. Car avec cet
échange territorial, la France concède à l’Allemagne une superficie de 250 000 km² au
Moyen-Congo et à l’Oubangui, avec désormais un accès de 24 km sur les fleuves du
Congo et de l’Oubangui . En plus de son protectorat assuré au Maroc, la France bénéfi-
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cie à titre de compensation, d’un territoire de 15 000 Km² sur la Bénoué, communément
appelé triangle de Caprivi ou le bec de canard par sa forme géographique.
Si pour les Allemands l’abandon du rêve marocain constitue une défaite du gouver-
nement de Berlin, les coloniaux français qui s’estiment lésés par cet accord évoquent un
lointain souvenir en parlant de l’« alsace- lorraine congolaise», font cristalliser leur mé-
contentement autour de la question territoriale et de la menace allemande . La Grande
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Bretagne n’est pas à l’écart de ces tensions. Elle est aux prises avec l’Allemagne en
Afrique de l’Est, du Sud et de l’Ouest, alors que les rapports franco-allemands sont bons
sur toute la côte orientale d’Afrique. Pour cela, le gouvernement français n’élève aucune
objection contre l’acquisition par l’Allemagne des possessions continentales du Sultan
de Zanzibar et l’île Mafia. Par un retour de bons procédés, l’Allemagne reconnait le pro-
10 Allain, J-C., (1976), Agadir 1911, Publication de la Sorbonne, Paris, p.234. Dans cette convention, la France
reconnait un droit d’expansion aux intérêts industriels de l’Allemagne. En retour, l’Allemagne lève toute
objection contre les politiques françaises de sécurité au Maroc. Mais cette coopération économique ne résiste
pas aux contradictions des objectifs politiques.
11 Eyelom, F., (2003), Le partage du Cameroun entre la France et l’Angleterre, L’Harmattan, Paris, p.144.
12 Ibid., p.113.

