Page 268 - Le Operazioni Interforze e Multinazionali nella Storia Militare - ACTA Tomo I
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              Alors que la Grande Bretagne s’apprête enfin à mettre les moyens à la disposition
           du consul Hewett en vue de la concrétisation de l’annexion demandée par les chefs du
           Cameroons, les commerçants allemands multiplient les réunions avec les chefs locaux
           et obtiennent le 12 juillet 1884, la signature du fameux traité germano-douala considéré
           comme l’acte à partir duquel le protectorat allemand va se constituer pour donner au
           Kamerun ses frontières internationalement reconnues. Le 14 juillet de la même année,
           cinq jours avant l’arrivée du plénipotentiaire anglais Hewett, surnommé d’ailleurs pour
           la circonstance « The too late consul », le Dr Nachtigal, envoyé spécial du chancelier
           hissait le drapeau allemand à Douala. Ainsi s’achevait de manière peu glorieuse et avec
           rancœur, le demi-siècle de présence anglaise sur les côtes du Cameroons. Parallèlement,
           cette entrée fracassante de l’Allemagne ouvre une ère de tensions entre les différents
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           protagonistes européens engagés dans les conquêtes coloniales en Afrique . Cependant,
           de tout le domaine colonial allemand, la colonie du Kamerun est celle qui suscite le plus
           d’intérêt chez les rivaux anglais et français. La position géographique et stratégique
           du Kamerun, ainsi que son potentiel économique sont à l’origine de cette situation qui
           durera pendant toute la période coloniale allemande, constituant ainsi la cause lointaine
           de la campagne du Cameroun qui s’ouvre en 1914.

           b) Les origines immédiates
              Dans l’intérêt de gagner la paix en Europe, surtout après la guerre de 1870-1871, le
           chancelier Bismarck entreprend d’encourager les puissances européennes à tourner leur
           attention vers la conquête des territoires coloniaux particulièrement en Afrique du Nord,
           se contentant de tenir le rôle de régulateur dans cette aventure . Mais son entrée subite
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           et inattendue dans la course aux colonies influence les rapports et nécessite des alliances
           inédites pour réaliser son projet. La région qu’entend occuper l’Allemagne étant mal
           connue sur le plan géographique, les instructions données à son émissaire Nachtigal ne
           sont que d’ordre général. L’Allemagne ne souhaite pas entrer en rivalité avec les droits
           et les intérêts des nations amies, notamment la France. Pour cela, la politique conciliante
           et modérée, affichée au début de cette aventure sous Bismarck éloigne les heurts entre
           elle et la France au Kamerun. Plusieurs conventions de commune entente sont ainsi
           signées entre ces puissances.
              Toutefois, le départ de Bismarck en 1890 ouvre une ère nouvelle dans la politique ex-
           pansionniste de l’Allemagne. Le jeune empereur Guillaume II voit dans le mouvement
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           colonial, un moyen d’aboutir à sa politique de domination mondiale . Après 1896, la
           transition entre la politique d’hégémonie continentale et la weltpolitik, est évidente, en-
           couragée par le fulgurant développement industriel du pays. La direction de la politique
           étrangère dépend désormais des points de vue du Kaiser et lorsque se dressent brusque-

           7   Owona, A., (1973), ‘‘ La naissance du Cameroun 1884-1914’’, Cahiers d’études africaines, Paris, vol. XIII,
              p.11.
           8    Allemagne  (1927),  La  politique  extérieure  de  l’Allemagne  1870-1914.  Ministère  allemand  des  affaires
              étrangères  (M.A.A.E)  correspondance  diplomatique  (cd)  no  162,  dépêche  (d)  n°94,  Editions  Alfred
              Costes, Paris, tome I, p.226.
           9   Ibid, cd n°1359, d n°83, tome VII, p.5.
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