Page 267 - Le Operazioni Interforze e Multinazionali nella Storia Militare - ACTA Tomo I
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ActA
I- Les origines de la campagne du Kamerun
a) Origines lointaines
Les circonstances de la naissance du Kamerun, suite aux rivalités européennes sur les
côtes africaines, le prédisposaient à subir une campagne guerrière en cas de conflit entre
les puissances coloniales. Depuis 1845, les missionnaires baptistes anglais sont installés
au Kamerun, mais cette présence britannique n’amène pas le gouvernement anglais à
annexer les territoires de cette côte. Leur commerce étant florissant, aucune nécessité de
contrer la présence allemande n’est ressentie. Les oppositions qui surgissent proviennent
surtout des Français qui revendiquent les comptoirs dans la côte Ouest-africaine, éta-
blissent de nouveaux comptoirs et imposent une lourde taxe à tous les non-Français .
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Aux yeux des Anglais, la compétition déloyale des Français a des conséquences sur le
fructueux commerce de la côte. La plus importante est celle de la perte d’autorité des
chefs locaux qui en sont venus à la conclusion que le commerce florissant et la paix qui
règnent sur leur côte ne peuvent être maintenus longtemps sans le contrôle d’un seul
gouvernement blanc. S’inspirant du sort de leurs voisins du Nigeria qui prospèrent sous
le protectorat britannique, les chefs locaux du Cameroons débutent une campagne qui
implore la protection du gouvernement anglais. Cependant, ils appréhendent ce protec-
teur non pas à travers le concept de l’Etat souverain, mais plutôt à travers des personnes
physiques avec lesquelles ils traitent et commercent au jour le jour, susceptibles de leur
fournir des prestations dont ils peuvent avoir besoin. C’est ainsi que les chefs Douala
décident de faire recours au consul britannique .
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Déjà en 1864, un roi douala, Bell Honesty, adresse une lettre à la reine Victoria, dans
laquelle il sollicite sa visite à Londres pour l’implorer de devenir la reine des peuples
côtiers. En 1877, un autre roi douala lui écrit afin qu’elle place tous les territoires de la
côte sous le protectorat anglais. Surpris par ces correspondances étranges, le Foreign
Office demande un rapport sur toute la situation à son consul de l’Ouest africain et par-
ticulièrement des précisions sur les auteurs de ces lettres. Mais la mort précoce de Hop-
kins et les préoccupations de Easton, son successeur, empêchent la réalisation de cette
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mission . Plusieurs autres correspondances seront adressées en direction de l’Angle-
terre, rencontrant des tergiversations entre les défenseurs et les opposants à l’annexion
du Cameroons, jusqu’en avril 1884, lorsque l’influence des commerçants allemands
devient irréversible auprès de ces populations. Sous leur impulsion, la décision de Bis-
marck d’occuper les territoires d’outre-mer, particulièrement à cet endroit du globe sus-
cite des questions dont les réponses ne sont pas évidentes et qui prendront au dépourvu
la France et l’Angleterre. Car la constitution impériale allemande ne contient aucune
disposition prévoyant un système colonial et le chancelier n’a jamais manifesté un inté-
rêt quelconque ni donné un indice significatif concernant les problèmes coloniaux .
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3 Rudin, H.R., (1938), Germans in the Cameron 1884-1914. A case study in modern imperialism, Jonathan
Cape, London, p.21.
4 Ndam Njoya, A., (1976), Le Cameroun dans les relations internationales, Librairie générale de droit et de
jurisprudence, Paris, p.57.
5 Rudin, H., Ibid, p.20.
6 Ibid, p.126.

