Page 133 - Le Operazioni Interforze e Multinazionali nella Storia Militare - ACTA Tomo II
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tro-serbe puis austro-russe : ni la France ni l’Allemagne n’ont d’intérêt direct dans
l’affaire, mais elles se trouvent entraînées dans le conflit à cause des accords qui les
attachent à leurs alliés.
2 - Les intérêts dictent naturellement la création ou l’achèvement d’une alliance de
guerre . Les stratégies peuvent évoluer ensuite de l’humanitaire vers l’usage de la
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force , et de l’opposition catégorique contre une intervention militaire vers une par-
ticipation logistique ou de génie militaire à cette intervention. Elles peuvent chan-
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ger, enfin, fondamentalement, en peu de temps. Les exemples ne manquent pas .
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3 - La frontière entre les coalitions de guerre opposées est parfois si mince qu’elle per-
met aux gouvernements de passer facilement d’un camp à l’autre par basculement.
Un Etat peut même se retourner contre ses alliés de départ, pour se coaliser avec ses
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ennemis d’hier . C’est le cas de l’Espagne quand elle quitte la coalition de 1792
contre la France révolutionnaire pour se ranger du côté de celle-ci, le 18 août 1796.
4 - Tous les membres d’une alliance de guerre ne sont pas obligés d’y rester jusqu’à
l’accomplissement total des objectifs fixés. Certains décident de se retirer avant
l’achèvement du conflit. La décision de l’Espagne en 2004 - dans l’intervention
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militaire en Irak - est éloquente . Chaque membre d’une coalition peut se donner
20 Les alliances se nouent et se dénouent, se gonflent et se dégonflent, se resserrent et se desserrent, par
augmentation ou réduction d’effectifs, ou bien par retrait ou départ définitif.Dans l’intervention militaire en
Irak, près d’une cinquantaine de pays de quatre continents participe initialement à cette coalition au titre de
la période 2003-2004. À son niveau le plus haut, la coalition compte 330 000 soldats originaires de 38 pays,
dont 250 000 Américains et 40 000 Britanniques. Quatre ans plus tard, le nombre d’Etats participants tombe
presque de moitié : 22 États seulement étaient présents en juillet 2008. Le mandat de l’ONU expire d’ailleurs
le 31 décembre 2008. Le gouvernement irakien ne demande pas son renouvellement.
21 En effet, il arrive que des Etats s’associent au commencement des attaques coalisées - même par soutien
logistique - en donnant d’abord un caractère humanitaire à leur participation militaire sans pour autant
exclure l’option armée. Par exemple, en 2011, la Pologne avait notifié sa décision de « détacher une partie de
ses forces armées et ses moyens pour l’aide humanitaire (…) excluant sa participation à une force de frappe
en Libye après le feu vert de l’ONU ». Pourtant, son gouvernement se montra prêt à offrir ses avions de
transport. (Déclaration du Ministre polonais des Affaires Etrangères, Bogdan Klich).
22 Bien qu’opposée à l’intervention militaire en Irak en 2003, la Nouvelle-Zélande envoie un contingent de
génie militaire et de logistique composé de 61 membres « pour la reconstruction », et ce dans le cadre de la
résolution 1483 du conseil de sécurité.
23 Après s’être opposée à l’intervention militaire coalisée en Irak le 20 mars 2003, la France soutient la frappe
armée contre la Libye huit ans plus tard. Pourtant, les deux interventions sont justifiées par des motifs de
« sécurité collective » (malgré la différence des formules employées) et visent essentiellement des dirigeants
désignés comme « dictateurs ». D’autres Etats agissent inversement face aux deux interventions. Ils
s’abstiennent de participer à la frappe militaire décrétée contre la Libye après avoir participé à celle engagée
contre l’Irak. Qu’ils soient membres de l’Union européenne et de l’OTAN ou seulement de l’OTAN sans faire
partie de l’Union européenne. Qu’ils soient membres de l’OCI ou du Conseil de coopération du Golfe ou en
dehors de ces organisations non occidentales.
24 Sortant d’une alliance faible pour rejoindre le camp adverse, même si ce dernier constitue un seul pays.
25 Alors que le Premier ministre espagnol José Maria Aznar (parti populaire, droite espagnol) avait engagé
au départ l’Espagne dans le conflit, José Luis Zapatero (qui le remplaça après sa victoire aux élections
législatives de mars 2004) prit la décision de retirer les troupes espagnoles d’Irak.

