Page 131 - Le Operazioni Interforze e Multinazionali nella Storia Militare - ACTA Tomo II
P. 131

771
          ActA
             Le recours aux trois types de coalitions s’est développé dans l’évolution des rela-
          tions internationales. Mais il tire son essence dans la notion contemporaine de « défense
                    8
          nationale » qui, dépassant le domaine des combats, intègre des missions de solidarité
          entre les nations, transcendant les drapeaux et les frontières.
             S’agissant d’abord des alliances de guerre, leurs inconvénients cohabitent avec leurs
          avantages. Car si « l’union fait la force », elle n’apporte pas forcément le succès à
                                                  9
          une coalition fragile devant un pays puissant . D’ailleurs - ironie du sort - la première
          défaite dans ce sens, est affligée par la France à la première coalition militaire contem-
          poraine qui se constitue contre elle, entre 1792 et 1796. Ce cas de figure demeure pos-
          sible aujourd’hui . Une coalition de guerre n’a pas toujours le monopole de la victoire,
                         10
          et l’ampleur des pertes humaines et matérielles ne dépend pas toujours de la loi du
          nombre .
                 11
             Une menace gravissime à la « sécurité collective » entraîne parfois une opération
          militaire multinationale. On l’a vu, depuis le 11 septembre 2001, devant le « terrorisme
          international » . Néanmoins, le recours à des «opérations musclées » coalisées peut
                       12
          comporter des risques d’enlisement de conflits.
             Par ailleurs, les Etats ne s’entendent pas seulement pour attaquer ou contre-attaquer
          un ennemi commun. La défense préventive justifie également les pactes militaires. C’est






          8   L’élément fondamental de cette notion signifie que « le premier rôle d’un État est de protéger ses citoyens et son
             territoire. Cela peut passer par le recours à la force, dissuasive ou défensive. Séparément ou par alliance d’Etats.
             La notion globale de « défense nationale » concorde avec les deux concepts conventionnels du mot « coalition ».
             Le premier, qui signifie « alliance militaire et politique d’Etats contre un adversaire commun », se rapporte à la
             guerre. Le second, qui signifie « entente circonstancielle entre puissance pour une action commune » s’applique
             aux initiatives non guerrières dont les Opérations de Maintien de la Paix (OMP) et les Actions Humanitaires.
             Des actions qui résident essentiellement dans l’«assistance sociale » et « les actes médicaux ».
          9    L’Histoire militaire nous enseigne que les alliances n’ont pas toujours raison des armées qui se battent seules.
                                                                   ème
             Le registre des célèbres combats qui se sont déroulés - depuis notamment le 6  siècle - entre des alliances
             d’Etats et certains pays se bataillant hors alliance, nous confirme cette réalité.
          10   Une coalition de plusieurs pays, fourmillante de soldats, dotée d’armes conventionnelles désuètes aurait peu
             de chance de vaincre un Etat solitaire, mais nettement supérieur en armements terrestres modernes et en force
             de frappe aérienne. Surtout s’il s’agit d’un pays nucléaire. La loi du nombre peut jouer un mauvais tour quand
             on y croit aveuglement. Tout dépend de l’efficacité des arsenaux et des stratégies. Voilà un piège dont il faut
             se méfier en cas d’alliance. Et même quand la victoire est souvent acquise par les forces de la coalition, celles-
             ci n’en sortent pas sans pertes - parfois considérables - aux plans humain et matériel.
          11   Les Première et Deuxième Guerres mondiales autant que les interventions militaires en Afghanistan et en
             Irak ont causé énormément de victimes civiles chez les belligérants en général, outre les grands nombres de
             morts et de blessés chez les soldats des pays alliés. Les bilans sont extrêmement atroces. Environ 9 millions
             de morts et 8 millions d’invalides pour la Première Guerre, et plus de 55 millions de morts avec plus de
             victimes civiles et militaires pour la Deuxième Guerre. Ce conflit fut le plus coûteux en vies humaines
             de toute l’histoire de l’humanité. Enfin, le plus récent des bilans contemporains signale, qu’après sept ans
             d’opérations militaires, les pertes de la coalition dans l’intervention en Irak s’élèvent à 4792 morts (dont 4475
             soldats américains) et plus de 36000 blessés (dont 30718 américains)
          12  Qu’il s’agisse de « terrorisme d’Etat » ou d’actions terroristes perpétrées par des organisations rebelles ou
             insurrectionnelles.
   126   127   128   129   130   131   132   133   134   135   136