Page 132 - Le Operazioni Interforze e Multinazionali nella Storia Militare - ACTA Tomo II
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           Bismarck qui a inventé les « alliances militaires en temps de paix » . De la Duplice
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           à la Triple entente  en passant par la Triple Alliance  (soit de 1872 à 1907), le chan-
           gement de bloc s’opère par le jeu secret d’intérêts, partagés entre les gouvernements .
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              Toutefois, si les « alliances » et les « coalitions » militaires constituent « des ins-
           truments d’équilibre des puissances » (balance of power) parmi d’autres mécanismes,
           force est de constater qu’ils peuvent rendre le système international instable, « puisque
           toute alliance entraîne - généralement - une contre-alliance ». Limitons-nous à un seul
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           exemple parmi tant d’autres  : la création de l’« OTAN » en 1949 a, par effet de symé-
           trie, entraîné la création du « Pacte de Varsovie », en 1955. Il en résulte une bipola-
           risation et une escalade militaire qui ont un effet déstabilisateur sur la « sécurité col-
           lective ». Pourtant, une « alliance militaire » est censée être « la forme embryonnaire
           de la sécurité collective » comme disait Sur Serge. Voilà le « dilemme de sécurité de
           l’alliance », porteur de paradoxes et d’inquiétudes. Car non seulement chaque groupe-
           ment se sent menacé par l’autre, mais aussi les Etats qui doivent assurer leur sécurité
           hors-alliance (self-help) se sentent eux aussi menacés.
              En somme, les coalitions constituent des systèmes de défense et de dissuasion à
           double tranchant, même contre leurs propres membres quelquefois. Pouvant créer des
           malheurs ou des chances pour les peuples. En voici deux exemples classiques :
           a) - Il est responsable de la Première Guerre mondiale (1914-1918) en générant un
              conflit localisé mineur, qui débouche sur un embrasement généralisé.
           b) - Il façonne positivement la carte géopolitique du monde après la Deuxième Guerre
              mondiale (1939-1945), par la victoire des Alliés. Car sans lui, le Nazisme et le Fas-
              cisme auraient produit plus de calamités et duré plus longtemps .
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              Aussi, quels que soient leurs objectifs, les coalitions de guerre présentent d’autres
           problématiques, à travers la variabilité de leurs structures et l’inconstance plausible de
           leurs membres. En voici quelques réalités démonstratives :
           1 - Le jeu des alliances ne sert pas toujours tous les membres. Il peut même s’avérer
              préjudiciable à certains Etats. On le constate durant l’été 1914, dans le conflit aus-



           13  En effet, depuis sa défaite contre la Prusse, la France est isolée diplomatiquement. Bismarck réussit à se
              garantir contre toute revanche française en faisant de l’Allemagne le centre de la diplomatie européenne,
              entre 1871 et 1890. Après cette période, le « système bismarckien » cédera progressivement la place à deux
              blocs d’alliances qui diviseront l’Europe en deux grands systèmes antagonistes.
           14  Bismarck signe la Duplice avec l’Autriche-Hongrie, en 1879, pour s’appuyer sur elle stratégiquement.
           15  La France, la Grande-Bretagne et la Russie forment la Triple Entente en 1907.
           16   En 1882, la Duplice devient Triple Alliance (Triplice) avec l’entrée de l’Italie dans l’alliance : l’Italie est très
              anti-française depuis la signature du traité du Bardo en 1881, instaurant un protectorat français sur la Tunisie,
              région que l’Italie considérait comme son domaine réservé
           17   Un scénario ressemblant à un déplacement de pions dans un échiquier où les profits antagonistes des Etats
              constituent les vrais joueurs.
           18  L’alliance défensive entre l’URSS et la Chine (Pacte sino-soviétique », conclu en 1950, a suivi l’alliance
              militaire totale entre Paris et Londres en 1947 (traité de Dunkerque) et celle signée entre la France, le
              Royaume uni et le Benelux en 1948 (traité de Bruxelles).
           19  Cependant, les désastres des deux Grandes Guerres sont tels que les peuples décident, en 1945, de mieux
              cohabiter dans le cadre de l’ONU que sous l’édifice d’une Société Des Nations (SDN) déficiente.
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