Page 375 - Le Operazioni Interforze e Multinazionali nella Storia Militare - ACTA Tomo I
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tous les dossiers concernant la défense antiaérienne mais, alors qu’il n’a jusqu’à présent
occupé que des postes techniques, il se mesure désormais à des questions stratégiques.
Il a commencé à publier des articles en 1922, mais son premier livre sort en 1925. Il
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s’agit d’une Introduction à l’étude du tir antiaérien . Il souhaite que cet ouvrage contri-
bue « à donner aux officiers de l’artillerie de terre le désir d’entreprendre l’étude du tir
antiaérien, étude certainement compliquée, mais qui garde dans sa complexité même un
faisceau d’idées directrices relativement simples . » Car, à cette époque, trop peu d’offi-
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ciers ont pris conscience du danger aérien qui ne cesse pourtant de croître.
Son intérêt pour la DCA l’amène assez naturellement à s’intéresser à l’aviation. Dans
ce cadre, il découvre des théories du général italien Douhet, qui propose une doctrine de
guerre globale et cohérente. Vauthier se passionne pour les théories du stratège italien,
qu’il contribue à faire connaître en France en participant aux débats épistolaires, ce
qui lui attire quelques inimitiés. En 1930 il écrit : « La défense aérienne est une œuvre
nationale, qui concerne le pays tout entier. C’est une question de gouvernement. […]
En temps de guerre, la coordination doit être confiée au commandant des forces armées,
qui aurait sous ses ordres les forces terrestres, les forces maritimes, les forces aériennes
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et les forces de défense du territoire . » Avec le recul, ce qu’écrit Vauthier nous paraît
aujourd’hui banal, évident ; mais en 1930, ses propositions sont particulièrement nova-
trices, surtout de la part d’un jeune lieutenant-colonel de l’armée de terre. En fait, il
comprend non seulement l’importance que va revêtir l’aviation, mais aussi la nécessité
absolue de revoir l’organisation de la Défense nationale.
De surcroît, ses réflexions ne se cantonnent pas au domaine stratégique. Dans la
revue des forces aériennes, il prône l’emploi de petites unités déposées par avions à
l’arrière du front ennemi, destinées à couper des ponts, des voies de chemin de fer, afin
de contribuer à empêcher les mouvements de troupes de l’adversaire. Ces détachements
pouvant aussi s’attaquer aux stations électriques, aux réservoirs d’eau, etc. « L’efficacité
de ces détachements déposés à terre pourra être décuplée, si leur action se combine avec
celle du bombardement aérien. […] Même si ces opérations ne sont pas décisives, leur
répétition fréquente, leurs succès presque assurés obtiendront des effets moraux cer-
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tains … » La réussite de ces opérations, selon Vauthier est conditionnée par la sélection
et l’entraînement des exécutants. Bien plus, il annonce ce qui deviendra une réalité vingt
ans plus tard : « En empiétant dans le domaine du proche avenir, l’emploi d’appareils
d’aviation à voilure tournante, hélicoptères ou autogires, pourrait singulièrement facili-
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ter l’atterrissage et le départ d’appareils chargés, dans des terrains exigus . » Il préfigure
les commandos de la Seconde Guerre mondiale, les avant-gardes déposées par planeurs,
les sabotages, les parachutages de nuit, etc.… tout cela à l’été 1930.
3 Vauthier, Paul, Introduction à l’étude du tir antiaérien, Paris, Berger-Levrault, 1925.
4 Ibid,, p. 66.
5 Archives Famille Vauthier (AFV) - Vauthier, Paul. L’organisation de la défense antiaérienne du pays,
septembre 1930.
6 Vauthier, Paul, Les détachements armés, transportés par avions in Revue des forces aériennes, juillet 1930, p.
816.
7 Ibid, p. 817.

