Page 376 - Le Operazioni Interforze e Multinazionali nella Storia Militare - ACTA Tomo I
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              Dans la conclusion de son article, Vauthier s’adresse à ceux qui, jugeant l’avion peu
           dangereux, jettent l’anathème sur des précurseurs comme lui : « Fantasmagories, fan-
           taisies, utopies, tels sont les noms dont on [nous] décore ; ces mots dispensent souvent
           de réfléchir et de raisonner. Nous préférerions qu’on nous montre les impossibilités des
           opérations projetées, ou les défauts des procédés employés. […] Quand il s’agit d’avia-
           tion, nous ne pouvons nous défaire de notre hérédité et de nos traditions et nous raison-
           nons en terriens. Les possibilités de l’aviation dépassent certainement ce que nous pou-
           vons imaginer. Dans ce domaine, il vaut mieux prévoir le pire pour s’en garder, plutôt
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           que le négliger comme une utopie ; tant mieux s’il ne se réalise pas  ».
              L’année précédente, Paul Vauthier a entamé la rédaction d’un livre qui s’intitulera :
           Le danger aérien et l’avenir du pays. Il veut, en y mettant les formes, faire connaître
           Douhet en France pour que le pays comprenne le danger qui le guette, et sous ce couvert,
           mettre ses propres idées sur la place publique. Le livre comprend trois grandes parties :
           le danger aérien, la défense du pays contre le danger aérien et enfin l’aménagement du
           pays contre le danger aérien
              Vauthier se montre une nouvelle fois très en avance sur son époque. Ce qu’il écrit est
           même assez extraordinaire. Il imagine la possibilité du ravitaillement en vol, donc les
           distances franchissables auxquelles il faut s’attendre à l’avenir. Il indique aussi que des
           avions commerciaux pourraient, si leur conception est étudiée dans ce sens, être trans-
           formés en bombardiers. Il annonce même les drones : « Les progrès de la télémécanique
           permettent d’entrevoir la mise en service d’avions sans pilote, manœuvrés à distance,
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           amenés au-dessus des objectifs et dont les bombes seraient déclenchées à distance .»
           Enfin, il s’aventure même dans le domaine géostratégique : « La menace aérienne est en
           voie de bouleverser une politique plusieurs fois séculaire de l’Angleterre. L’Angleterre
           n’est plus une île ! La défense aérienne est la forme vitale des défenses de l’Empire ! »
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              Dans sa conclusion, Vauthier se démarque cependant de Douhet car il refuse de tout
           miser sur l’aviation : « Qu’il faille développer l’aviation offensive, oui ! Qu’il faille la
           développer exclusivement, sans plus faire l’effort d’une Armée et d’une Marine, certes
           non ! L’échelle des valeurs respectives à donner à l’Armée, à la Marine et à l’Air, est
           profondément modifiée par la puissance nouvelle de l’aviation ; il y a une répartition
           nouvelle des forces nationales à mettre en œuvre. L’augmentation relative de l’impor-
           tance de l’air ne commande pas cependant la suppression de l’Armée ou de la Marine.
           Mais créant un risque nouveau, insupportable, auquel nos esprits sont encore mal ha-
           bitués, elle commande qu’on fasse le nécessaire pour annuler ce risque, ou du moins
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           pour lui retirer son caractère mortel . » Il préconise une aviation de chasse et une DCA
           puissantes, car il trouve excessif, comme le préconise Douhet, de tout miser sur l’avia-
           tion de bombardement. Vauthier est conscient de présenter des idées novatrices, voire
           provocatrices. C’est pour cela qu’il achève son livre par ces mots : « Nos conclusions


           8  Ibid., p. 819 à 820.
           9  Vauthier, lieutenant-colonel, Le danger aérien et l’avenir du pays, Paris, Berger-Levrault, 1930, p. 98.
           10  Ibid., p. 67 à 68.
           11  Ibid., p. 373.
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