Page 377 - Le Operazioni Interforze e Multinazionali nella Storia Militare - ACTA Tomo I
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          peuvent choquer par leur étrangeté et par leur nouveauté… Le danger aérien existe. Le
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          négliger… est une erreur qui peut devenir un crime contre la nation . » Il faut songer
          que toutes ces idées sont émises à une époque où l’armée allemande n’a pratiquement
          pas d’aviation militaire, le traité de Versailles le lui interdisant, et où le pacifisme fait
          alors des ravages en France.
             En 1931, le lieutenant-colonel Vauthier rejoint l’Inspection générale de la défense
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          aérienne du territoire , dirigée par le maréchal Pétain. Celui-ci lui commande une étude
          sur la question des réserves générales d’aviation. En 37 pages, Vauthier fait le tour de
          la question et indique les voies à suivre : « L’aviation en dehors des unités propres à
          la Guerre et à la Marine, doit être groupée en une masse unique : la Réserve générale
          d’aviation, susceptible de remplir des missions au profit de l’armée, de la marine et du
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          territoire, et pouvant en plus procéder à des actions de force indépendante .» Dans la
          conclusion de son étude, Vauthier souligne qu’un bon emploi des réserves générales
          d’aviation nécessite un chef d’état-major des forces armées qui « règlera, dans le cadre
          des instructions du gouvernement, les missions des différents commandants en chef, et
          fixera la répartition entre eux de tous les moyens […] La question des réserves géné-
          rales d’aviation est une question d’ensemble, dans l’emploi total des forces armées de la
          Nation, elle doit être résolue par une solution d’ensemble.
             Se poser le problème : quelle est l’organisation la meilleure pour l’armée (ou pour
          la Marine, ou pour l’Aéronautique ?) c’est chercher une solution particulariste. Le pro-
          blème est mal posé. Le problème correctement posé s’énonce : quelle est l’organisation
          de l’Armée (ou de la Marine, ou de l’Aéronautique), qui assure le meilleur rendement
          de l’ensemble des Forces armées du pays ? […]
             L’engin nouveau, l’avion, a la possibilité d’attaquer la surface, terre ou mer, d’une
          façon indépendante par rapport aux actions terrestres ou navales ; et ceci provoque une
          révision générale des valeurs relatives, à attribuer aux forces armées de l’Armée, de la
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          Marine et de l’Air ». Même si les propos de Vauthier tombent dans des oreilles pré-
          disposées, le Maréchal Pétain est impressionné tant par son argumentation que par ses
          qualités d’analyse et de synthèse.
             En 1932, Vauthier intervient devant les auditeurs du Centre des Hautes Etudes Mili-
          taires (CHEM) où il développe à nouveau ses idées. Sa conclusion est explicite : « Cette
          conférence, vous vous en êtes sans doute aperçus, est essentiellement un acte de foi dans
          la puissance de l’aviation, acte de foi qui nous oblige à en faire un autre dans la nécessité
          de mettre sur pied, sinon une défense absolument efficace, au moins une défense limitant
          les immenses possibilités de l’aviation. […] Ne vous y trompez pas Messieurs ; ne pas
          organiser une Défense Aérienne du Territoire, puissante, prête en couverture, c’est jouer
          le destin du pays. Il est impossible de consentir un tel risque.

          12   Ibid., p. 374.
          13   Le général Laure écrit que Pétain est « entouré de son fidèle cabinet au sein duquel il a fait admettre le
             lieutenant-colonel d’artillerie breveté  Vauthier, - intelligence d’élite, âme d’apôtre, auteur d’un ouvrage
             récent et sensationnel… ». Laure, général, Pétain, Paris, Berger-Levrault, 1941, p. 338
          14   AFV – Note, la question des réserves générales d’aviation, août 1931, p. 7 à 8.
          15   AFV – Note la question des réserves générales d’aviation, août 1931, p. 36 à 37.
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