Page 378 - Le Operazioni Interforze e Multinazionali nella Storia Militare - ACTA Tomo I
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378 XXXIX Congresso della CommIssIone InternazIonale dI storIa mIlItare • CIHm
Dans la hiérarchie des moyens de défense, l’effort principal est à faire pour constituer
une aviation de bombardement puissante, puisqu’en l’air la vraie défense c’est l’attaque.
[…]
L’arme de l’espace, utilisant un domaine nouveau, l’air, nous invite à procéder à une
révision générale des valeurs relatives attribuées jusqu’ici aux forces terrestres et aux
forces navales, dans le cadre de la Défense du pays. Elle nous force à élargir nos idées
et à ne pas nous contenter des cadres anciens devenus trop étroits, car ils concernent les
seules opérations terrestres ou navales. […]
L’aviation est cause d’une véritable révolution intellectuelle : quand on l’étudie hon-
nêtement, on en arrive à penser à des modifications importantes dans la doctrine de
guerre et dans l’organisation même de l’Etat . » On imagine la stupeur de la salle, peu
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habituée à entendre des propos aussi originaux. Nul doute qu’il soit passé pour un uto-
piste aux yeux de la plupart des auditeurs.
Désigné en 1933 pour suivre les cours du CHEM, le colonel Vauthier profite de
cette période d’étude et de réflexion, pour mettre en forme toutes ses notes et écrire un
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nouveau livre intitulé La doctrine de guerre du général Douhet . Il tient absolument à
poursuivre son combat et à alerter sur le danger aérien car la situation qui prévaut en
France le consterne. Les dirigeants politiques, pour la plupart, n’ont pas encore pris
conscience que l’Allemagne a entamé avec une vigueur inouïe son réarmement. L’avia-
tion française, de son côté, tout comme la défense antiaérienne restent dans un état plus
que médiocre.
Vauthier approfondit la doctrine, parle des polémiques qu’elle a suscitées puis ap-
porte ses propres critiques en se plaçant en particulier du point de vue français. Le
colonel français résume la méthode de Douhet qu’il fait sienne. Il propose en particulier
de porter un intérêt tout particulier aux techniques, qui déterminent la forme future de la
guerre et encouragent la réflexion. « Raisonner avec une probité intellectuelle entière, en
se gardant des solutions absolues et des prédictions, et en utilisant un sens scientifique
avisé. Partir des enseignements les plus élevés de la guerre, regarder beaucoup autour
de soi, puis bondir dans l’avenir ; étudier surtout les moyens techniques nouveaux parce
que ce sont eux qui donneront à la guerre sa forme et ses caractères ; éviter une inertie
qui serait coupable ; chercher les effets des causes existantes connues ; enfin raisonner
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toujours dans le cadre du budget des dépenses de sécurité ».
A l’issue de sa scolarité au CHEM, le colonel Vauthier prend en septembre 1934 le
ème
commandement du 8 R.A à Nancy. Son chef, le général Frère, indique que : « le colo-
nel Vauthier est un chef et son régiment s’en ressent. Caractère ferme, intelligence vive
[…] Cet officier brillant doit réussir partout ». Le général Héring, membre du Conseil
Supérieur de la Guerre renchérit : « Officier supérieur d’une valeur exceptionnelle qui
doit arriver aux plus hauts grades. A pousser à fond. »
A cette époque l’attention du grand lecteur qu’est Paul Vauthier est attirée par la
parution en Allemagne d’une brochure signée du général Gudérian, à propos de l’emploi
16 AFV – Lieutenant-colonel Paul Vauthier, conférence au CHEM, « La défense aérienne du territoire, », 1932.
17 Vauthier, P, colonel, La doctrine de guerre du général Douhet, Paris, Berger-Levrault, 1935.
18 Ibid., p. 12.

