Page 396 - Le Operazioni Interforze e Multinazionali nella Storia Militare - ACTA Tomo I
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396 XXXIX Congresso della CommIssIone InternazIonale dI storIa mIlItare • CIHm
Weserübung : La premiere operation interarmees
de la seconde guerre mondiale
Vincent ARBARETIER
opération « Weserübung » déclenchée le 9 avril 1940 qui se termina fin juin avec
L’la reddition des derniers combattants norvégiens fut la première opération interar-
mées de la Seconde Guerre mondiale, tant au plan de ses objectifs stratégiques, qu’à
celui de son système de commandement ou de sa planification et enfin de sa conduite.
Cette opération fut conduite dans un environnement où prévalaient la supériorité navale
britannique et l’imminence d’une campagne déclenchée à l’ouest. L’état-major allemand
avait également intégré pour la première fois sous un même commandement des moyens
appartenant aux trois composantes Terre Air et Mer.
J’insisterai durant cette communication sur l’aspect interarmées de la préparation de
cette opération.
1. Les objectifs stratégiques:
En septembre 1939, alors que la France et l’Empire britannique ont déclaré la guerre
à l’Allemagne nazie, Hitler, après avoir dégarni sa frontière occidentale, met l’ensemble
de ses forces aériennes et terrestres dans la guerre contre la Pologne qu’il réussit à
vaincre en trois semaines avec le concours des Soviétique, qui en vertu du pacte signé un
mois auparavant, participent à la curée. Au début de l’année 1940, alors que les Sovié-
tiques ont attaqué la Finlande depuis la fin novembre, Hitler se concentre sur le « Plan
jaune » visant à défaire les Français et les Britanniques à l’Ouest. Toutefois, l’Amiral
Erich Raeder, le chef de la Kriegsmarine, lui suggère dès le 20 octobre 1939 d’attaquer
le Danemark et la Norvège en vue de désenclaver la marine allemande face à la Royal
Navy. En effet, la marine allemande ne voulait pas recommencer le cauchemar de la
bataille du Jutland en 1916 après laquelle elle dût rester au port pendant presque deux
ans. En outre, l’importance de la Norvège pour l’Allemagne s’expliquait également par
son rôle dans son approvisionnement en minéraux de fer suédois. Près des trois quarts
des minerais de fer utilisés par l’Allemagne provenaient de Suède. Pour reprendre la
célèbre expression de la propagande française de cette époque, il ne fallait pas que « la
route du fer fût coupée ».
Enfin, comme l’illustrait les écrits d’un stratégiste naval allemand de l’entre-deux
guerres, l’amiral Wolfgang Wegener, dans Seestrategie des Weltkrieges, publié en 1929,
il était primordial que l’Allemagne s’emparât des côtes scandinaves, avant la prochaine
guerre afin de lui éviter l’enclavement maritime, comme au cours de la précédente, qui
l’empêcherait d’avoir accès au grand large et cantonnerait sa marine à un rôle de second
plan comme au cours de la Première Guerre mondiale.

