Page 20 - Conflitti Militari e Popolazioni Civili - Tomo II
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522 XXXIV Congresso della CommIssIone InternazIonale dI storIa mIlItare • CIHm
mineur ou colonial. Les décisions stratégiques majeures, se disait-on, se prenaient de toute
façon à Versailles, Whitehall ou au Pentagone. 3
Le grand public canadien a été porté au fil du temps à considérer les activités de ses mili-
taires comme fonctionnelles d’abord et à ne les prendre véritablement au sérieux qu’en temps
de crise. Ainsi il se montre fier d’avoir fourni lors des conflits internationaux des armées de
citoyens-soldats qui ont connu de brillants succès dans plusieurs opérations. Cela s’est ce-
pendant produit au prix de plus de 100,000 morts pour les deux guerres mondiales, un prix
humain dont Morton considère qu’il aurait pu être sensiblement moins élevé à la faveur d’un
meilleur entraînement des troupes et d’un meilleur leadership de leurs chefs. 4
Ayant appris à mieux se connaître et réfléchissant aux pertes subies lors des deux guer-
res mondiales, les Canadiens en vinrent à la mi-siècle à la conclusion qu’ils avaient payé
trop cher pour défendre ce qui finalement pouvait se résumer largement comme les intérêts
d’autres nations. Cela allait contribuer au renforcement des penchants non militaristes des
Canadiens. Par contre, le Canada, comme le reste du monde, se trouvait confronté à une nou-
velle réalité, celle d’un génie nucléaire désormais révélé.
pas de bombe pour Le canada
Vu le rôle actif qu’il avait joué dans l’invention de la bombe atomique par les États-
Unis durant la Seconde Guerre mondiale, le Canada pouvait prétendre être au fait de secrets
qui étaient connus des seuls Américains et Britanniques à cette époque. Il s’agissait là d’un
avantage dont il aurait pu se servir pour devenir la deuxième ou troisième nation seulement à
posséder l’arme nucléaire. or il n’en a pas profité, pour diverses raisons.
l’ancien Premier ministre canadien Pierre elliott trudeau, c’est bien connu, a chanté les
mérites du Canada sur plusieurs tons, dont un en particulier à l’effet qu’il ait été le premier
pays à renoncer volontairement à posséder ses armes nucléaires en propre. Même si cette
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affirmation n’est pas fausse, elle mérite certaines nuances. Le Premier ministre Louis Saint-
Laurent annonçait le 9 novembre 1949 que le Canada renonçait à la bombe mais il n’est pas
clair si même une décision avait été prise sur la question. Au plan stratégique, son puissant
voisin américain n’aurait évidemment pas vu d’un bon œil que le Canada posséda la bombe.
il s’avère aussi que ce voisin pouvait prévenir le développement d’une bombe canadienne
en offrant au Canada sa protection nucléaire. Il faut tenir compte également des ressources
gigantesques qu’aurait requises la construction d’une bombe atomique au Canada, au détri-
ment de l’économie. 6
Quant à savoir si un certain idéalisme a pu jouer un rôle dans la décision du Canada,
voilà qui reste sujet à débat. Certains historiens affirment que le Canada n’a pas développé sa
propre bombe de crainte que cela n’encourage d’autres pays à en faire autant mais d’autres
signalent qu’il n’en fut rien. John Holmes, l’une des figures centrales du ministère canadien
des Affaires étrangères dans les années 1950, considère pour sa part que le Canada n’a pas
3 Desmond Morton, A Military History of Canada, Edmonton : Hurtig Publishers, 1990, p. xi.
4 Desmond Morton, Canada and War. A Military and Political History, op. cit., p. 2
5 Jean-François Rioux, La politique canadienne de non-prolifération nucléaire: 1943-1991 (thèse de docto-
rat), Ottawa : Université Carleton, 1991, p. 117.
6 Ibid., pp. 118-120

